L’IA ne créera pas votre avantage concurrentiel. Votre leadership, oui – un article d’Ivan Reusse, Directeur de l’activité Leadership Advisory chez Grant Alexander Suisse pour Le Monde Économique
31.08.2026
Il y a un an encore, la question était simple : « Faut-il utiliser l’intelligence artificielle ? » Aujourd’hui, cette question ne se pose plus. Les collaborateurs l’utilisent déjà. Ils rédigent leurs courriels avec ChatGPT, Claude, etc… synthétisent des documents, préparent des présentations ou automatisent certaines tâches administratives.
Pourtant, un constat revient régulièrement dans les entreprises : malgré cette adoption croissante, les gains de performance restent souvent difficiles à mesurer.
Pourquoi ?
Parce que l’IA améliore aujourd’hui essentiellement la productivité individuelle, alors que la véritable création de valeur est, elle, collective.
Prenons un exemple très concret.
Dans une PME de services, chacun des chefs de projet utilise l’IA pour préparer ses comptes rendus ou gagner du temps sur certaines analyses. Chacun économise peut-être une heure par jour. Sur le papier, c’est une excellente nouvelle.
Mais si les processus de validation restent inchangés, si les réunions sont toujours aussi nombreuses, si les décisions continuent à circuler entre plusieurs niveaux hiérarchiques avant d’être prises, l’entreprise, elle, ne gagne pratiquement rien.
Les collaborateurs vont plus vite.
L’organisation, non.
C’est précisément là que se situe aujourd’hui le véritable enjeu.
L’intelligence artificielle ne remplace pas une organisation efficace. Elle révèle au contraire ses limites. Elle agit comme un révélateur : elle met en lumière les lourdeurs, les doublons et les habitudes qui freinent déjà la performance.
C’est précisément à ce moment que le rôle du dirigeant change de nature. Pendant des années, la performance consistait à optimiser l’existant. Aujourd’hui, elle consiste à avoir le courage de remettre en question ce qui semblait fonctionner. L’intelligence artificielle ne demande pas seulement d’apprendre de nouveaux outils ; elle oblige les dirigeants à revoir leurs habitudes, leurs modes de décision et parfois même les fondements de leur organisation. C’est un exercice de leadership bien plus que de technologie.
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