Coaching : élever les critères de sélection – une tribune d’Anne-Laure Pams pour FocusRH

L’utilité du coaching professionnel n’est plus à démontrer. Qu’il soit individuel, collectif, d’équipe ou d’organisation, il est maintenant ancré dans l’arsenal des outils RH, car il répond aux enjeux contemporains des organisations : transformations rapides, guerre des talents, exigences accrues en matière de leadership. Mais l’essor du marché, qui traduit une demande forte avec une croissance annuelle de 10 %, attire des profils hétérogènes qui contribuent à brouiller l’image de l’ensemble du secteur.

Par ailleurs, de nombreuses entreprises continuent d’interroger insuffisamment les critères de choix. Formation, nombre d’heures de pratique, supervision… autant d’éléments pourtant essentiels qui restent souvent dans l’angle mort des processus d’achat. Dans un domaine aussi sensible, où l’on touche au parcours professionnel des individus – et parfois à leur trajectoire personnelle – un cadre de sélection plus explicite apparaît aujourd’hui nécessaire.



Un marché encore immature


Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La France compterait environ 38 000 coachs. Selon l’étude OPIIEC pour Syntec Conseil (2023), 90 % seraient indépendants et, surtout, moins de la moitié sont réellement en activité. Parmi eux, 50 % exercent depuis moins de 5 ans, 53 % réalisent moins de 100 heures de coaching par an, et seuls 62 % sont certifiés RNCP. Autre indicateur révélateur : 53 % des coachs génèrent un chiffre d’affaires inférieur à 30 000 euros. Ces données traduisent un marché encore en structuration, avec des niveaux d’expérience et de professionnalisation variables.


Dans ce contexte, l’arrivée massive de plateformes de coaching en ligne accentue la pression sur les prix et la lisibilité de l’offre. Le tarif moyen, de 240 euros de l’heure, masque en réalité de fortes disparités. Les tarifs des coachs certifiés, supervisés, expérimentés, et qui peuvent revendiquer 150 à 200 heures de pratique annuelle (soit seulement 10 % des professionnels en activité !), peuvent dépasser les 400 euros. Leurs tarifs reflètent un niveau d’exigence et de qualité indispensable.


Un travail de sélection plus structuré du côté des entreprises apparaît nécessaire pour sortir du flou et parvenir à une véritable professionnalisation du coaching professionnel.


La checklist du DRH pour sélectionner un coach


Pour les DRH, l’enjeu est clair : structurer des critères concrets et objectifs d’évaluation des candidats. Voici une liste de points clés qu’il semble essentiel de vérifier avant de s’engager :
Formation au coaching : certification reconnue (RNCP, école accréditée), parcours suivi
Supervision : existence d’une supervision individuelle régulière et volume annuel
Expérience dans le coaching : nombre d’années de pratique
Intensité de la pratique : nombre d’heures réalisées sur l’année écoulée
Références : missions menées, clients, recommandations
Parcours antérieur : formation initiale et expérience professionnelle hors coaching

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