Directeurs financiers : entrer au comex, un exercice à ne passous-estimer – interview d’Anne-Laure Pams pour Option Finance
27.04.2026
Intégrer le comité exécutif d’une entreprise constitue une étape importante pour ses cadresdirigeants. Les directeurs financiers ne doivent cependant pas miser uniquement sur leur expertises’ils veulent y faire entendre efficacement leur voix.
Membre du comex : pour les directeurs financiers, ajouter cette précision sur leur carte de visite n’arien d’anecdotique. Faire partie du comité exécutif d’une entreprise illustre en effet l’importance donnée à la fonction qu’ils représentent, au même titre que les autres grandes directions du groupe. Intégrer cette instance dirigeante ne s’apparente toutefois pas à une simple formalité pour les intéressés, surtout lorsqu’il s’agit de leur première expérience en la matière. Pourtant, ils sous-estiment parfois les implications de ce nouveau statut. « Ce phénomène est propre aux métiers d’expertise, constate Anne-Laure Pams, directrice générale de l’activité leadership advisory chez Grant Alexander. Lorsque les directeurs financiers intègrent un organe de direction, ils ont souvent le réflexe de vouloir avant tout y faire valoir leurs compétences. Or le comex ne se résume pas à une somme d’expertises. La mission de ses membres est beaucoup plus large, puisqu’on leur demande de participer à une réflexion collective sur la stratégie de l’entreprise. »
«Au sein du comex, les directeurs financiers vont devoir apprendre à faire des choix potentiellement contre-intuitifs, en acceptant des projets plus risqués et qui ne seront peut-être pas rentables dans un premier temps, mais qui le deviendront à plus long terme.» Anne-Laure Pams directrice générale de l’activité leadership advisory , Grant Alexander.
Les directeurs financiers tendent en effet à avoir le réflexe de continuer à se comporter uniquement comme tels face à leurs homologues du comex. « S’ils représentent une fonction support, ils doivent comprendre qu’ils intègrent une nouvelle équipe et se placer dans une position de management plus global, poursuit Anne-Laure Pams. Mais on n’en attend pas moins d’eux qu’ils donnent un éclairage financieraux dossiers abordés au sein de cette enceinte avant qu’une décision soit prise. »
Cet éclairage ne doit cependant pas être assimilé à un couperet par leurs pairs. Un financier peut en effet être logiquement tenté de privilégier l’approche la plus raisonnable de son strict point de vue, au risque, parfois, de se montrer trop obstinément réfractaire aux projets innovants et de vite devenir «celui qui dit non ». « Les professionnels issus de la fonction finance – comme ceux venant de l’informatique, de la recherche et développement, etc. – sont confrontés à un grand nombre de risques, qu’ils ont pour mission de limiter, souligne Anne-Laure Pams. Au sein du comex, ils vont devoir apprendre à faire des choix potentiellement contre-intuitifs, en acceptant des projets plus risqués et qui ne seront peut-être pas rentables dans un premier temps, mais qui le deviendront à plus long terme. »