Quand le manager est au mandat – un article de Romain Buob pour Le Temps

En Suisse romande, le recrutement de managers de transition se professionnalise pour répondre aux défis des entreprises. Continuité opérationnelle, transformations stratégiques ou stabilisation des équipes; ces profils particuliers répondent à des besoins sous-estimés.

Le nombre de travailleuses et travailleurs intérimaires augmente progressivement en Suisse. Qui sont-ils, à quels besoins du marché de l’emploi répondent-ils et sont-ils plus libres, ou plus précaires? Pour y voir plus clair, Le Temps consacre une série d’articles au travail temporaire.

Evoluant dans les coulisses d’acteurs économiques d’envergure, Nicolas Soussan pourrait être qualifié de «serial manager». Après avoir évolué près de dix ans au sein de la plateforme en ligne de Migros, il se fait solliciter par son réseau pour rejoindre Conforama Suisse. Sa mission consiste alors à développer son commerce en ligne tout en numérisant l’enseigne pour en optimiser les flux logistiques, avant de se retirer. Un mandat temporaire, voulu ainsi autant par le groupe d’ameublement que par Nicolas Soussan. «Ce sont ce genre de mandats transitoires qui me passionnent le plus. Implémenter le changement. Puis trouver une nouvelle mission.»

C’est ce que l’on appelle le management de transition. Souvent associé à des postes moins élevés dans la hiérarchie, le travail intérimaire concerne aussi des positions dirigeantes. Une dynamique de gestion qui n’est par ailleurs plus l’apanage des multinationales. «PME, ONG mais aussi institutions publiques font désormais appel à des dirigeants temporaires», explique Marine Moncozet, directrice de Michael Page Suisse. «Si la demande progresse, le management de transition reste encore assez ponctuel. A l’étranger, on observe depuis plusieurs années une spécialisation poussée, avec des cabinets positionnés par secteur ou par domaine d’expertise très pointu. Le marché romand évolue désormais dans la même direction mais il est encore en phase de structuration.»

Romain Buob, directeur général du groupe de conseil et services en ressources humaines Grant Alexander Suisse, observe également que «les besoins des entreprises, les aspirations des profils seniors ainsi que des facteurs conjoncturels convergent vers un besoin croissant en management de transition».

En 2023, le réseau de Nicolas Soussan le sollicite à nouveau, cette fois pour accompagner la RTS afin de préparer son arrivée dans les locaux d’Ecublens. Un autre poste de management de transition qui se poursuivra en un deuxième volet à partir de 2024. Toujours temporaire, cette suite de mission consiste à organiser la logistique de l’entreprise en vue du transfert des activités sur le nouveau site puis à entrer dans la phase opérationnelle.

Un passage de relais urgent ou stratégique

Du côté des entreprises, trois principaux cas de figure se distinguent en matière de besoins de direction intérimaire. Premièrement, on peut mentionner le pilotage provisoire d’un département lorsqu’une société se trouve en période de recrutement pour un poste stratégique. «Recruter un cadre exécutif peut s’étendre sur plus de six mois. Pour garantir la continuité opérationnelle et éviter toute rupture managériale, l’intégration rapide d’un cadre dirigeant de transition devient alors essentielle», précise Marine Moncozet.

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