Pouvoir d’achat : pourquoi le salaire redevient la priorité des cadres – intervention de Bruno Fadda pour un article dans Le Figaro
28.09.2026
Ces salariés placent désormais le salaire en tête de leurs attentes, devant le télétravail, ou l’équilibre de vie… Est-ce une tendance de fond ou une réaction plus ponctuelle à la conjoncture ?
Qui a dit que l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle était la priorité numéro un des cadres ?Ou encore la possibilité d’avoir deux, voire trois jours de télétravail ? Les choses sont en train dechanger, avec la question salariale qui revient très nettement sur le devant de la scène. L’étude del’Institut Viavoice, réalisée pour le compte de l’Union générale des cadres de la CGT, relève que 70%des cadres font désormais de la rémunération l’indicateur le plus important à leurs yeux.
Au même moment, l’enquête CSA pour Factorial – qui propose des solutions de gestion pour lesentreprises – tente de déterminer ce qu’est un « travail de qualité » : pour 56% des collaborateurs, lesalaire est le premier critère d’appréciation. Non pas que la question du rythme de travail ou celle duclimat entre collègues soient délaissées, mais elles arrivent derrière.
Inflation
« Le constat est simple : dans un contexte économique chahuté , les cadres ressentent une perte depouvoir d’achat après plusieurs années d’inflation , souligne Bruno Fadda, directeur général deGrant Alexander Executive Search.De leur côté, les entreprises restent vigilantes sur leur massesalariale et leurs recrutements. Il n’est donc pas surprenant que la rémunération revienne au premierplan de leurs attentes. »
L’intéressé rappelle que lorsqu’un cadre envisage une mobilité, l’augmentation salariale attendueconstitue souvent un élément important de la décision. Et lorsqu’une offre est faite sensiblement endessous des attentes du candidat, elle est très souvent déclinée.« Pour attirer les candidats, lesentreprises ont donc intérêt à activer l’ensemble des leviers de rémunération au-delà du salaire fixe -bonus, intéressement, long terme incentive (LTI), package global, avantages en nature (…) – maisaussi à clarifier leurs règles de rémunération. C’est d’ailleurs une évolution que la transparencesalariale va accélérer. »
« Ce que nous observons surtout, c’est une exigence croissante de cohérence entre laresponsabilité confiée, la contribution attendue à la création de valeur et la reconnaissance apportée, termine Bruno Fada.Le sentiment exprimé par un cadre sur deux d’être insuffisamment reconnutraduit aussi, à mon sens, ce besoin de cohérence. »