La ménopause au travail : un sujet que les dirigeants de PME ne peuvent plus ignorer – un article d’Ivan Reusse pour Le Monde Economique

La semaine dernière à Lausanne, une salle comble s’est réunie pour une conférence consacrée à un sujet encore trop peu abordé dans le monde professionnel : la ménopause et son impact sur la vie au travail. Organisée par la plateforme Queenager, fondée par Mme Aurore Müller-Godard, cette soirée a permis de briser un tabou qui concerne pourtant des millions de femmes.

Autour de la table ronde, plusieurs intervenants ont apporté leur éclairage : un gynécologue spécialiste de la ménopause, une experte des émotions humaines, une représentante du monde scientifique et la fondatrice de Queenager. La discussion, modérée par Thierry Dime, directeur du Monde Économique, a permis d’ouvrir un dialogue direct avec le public, composé en grande majorité de femmes.

Les échanges ont rapidement montré l’ampleur du sujet. La ménopause et la périménopause peuvent s’étendre sur plusieurs années et s’accompagner de nombreux symptômes : troubles du sommeil, fatigue chronique, difficultés de concentration, variations émotionnelles ou bouffées de chaleur. Des manifestations qui ne s’arrêtent évidemment pas à la porte du bureau.

Les chiffres évoqués lors de la soirée sont frappants. En Suisse, plus de deux millions de femmes sont concernées par cette phase de vie. Une enquête récente montre que près de 20 à 30 % d’entre elles vivent des symptômes suffisamment importants pour affecter leur travail. Certaines réduisent leur temps d’activité, d’autres prennent des congés maladie, et beaucoup préfèrent garder le silence par peur d’être stigmatisées.

Dans plus de 40 % des cas, le sujet reste tabou dans l’entreprise. Pourtant, il touche une génération de femmes expérimentées, souvent entre 40 et 60 ans, au moment où elles occupent des fonctions clés ou accèdent à des responsabilités importantes.

Pour les entreprises, et en particulier pour les PME, la question dépasse largement le cadre médical. Elle devient un véritable enjeu de gestion des talents.

Car derrière ces statistiques se cache une réalité économique : lorsque des femmes expérimentées réduisent leur activité ou renoncent à des responsabilités en raison de difficultés liées à la ménopause, les organisations perdent une part précieuse de leur capital humain. Dans un contexte de pénurie de compétences, cette perte est loin d’être négligeable.

Les entreprises ont su, ces dernières décennies, développer des politiques pour accompagner d’autres moments clés de la vie professionnelle : congé maternité, retour au travail après une naissance ou équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. La ménopause pourrait bien constituer le prochain chantier de la gestion des ressources humaines.

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