« Plus on est haut dans la hiérarchie, plus partir demande de l’organisation » : comment laisser une bonne image dans l’entreprise qu’on quitte – interview d’Anne-Laure Pams, Directrice de l’activité Leadership Advisory chez Grant Alexander pour un article Les Echos

Démission, rupture conventionnelle, licenciement… Quelle que soit la raison des adieux, celui ou celle qui part a tout intérêt à soigner ses derniers moments au sein de l’entreprise. Et ainsi s’assurer de maintenir sa réputation.

Lorsqu’il a annoncé son départ à son N+1, Julien a senti un froid. « J’avais été débauché par un concurrent avec un meilleur poste, plus de responsabilités, un salaire plus élevé… Pourtant, mon manager l’a pris personnellement. Au début, la situation a été tendue », se souvient-il. Malgré cela, le démissionnaire se remet de suite au travail, avec le but de boucler au mieux ses dossiers avant son départ. « Je n’ai ralenti que sur les derniers jours ! Finalement, j’ai regagné le respect de ma hiérarchie, en montrant que je prenais au sérieux mon poste et la boîte, même si je partais ». Julien a bien fait. De son propre aveu, il a re-croisé maintes fois ses anciens collègues et patrons depuis, et il ne regrette pas d’avoir soigné ses adieux. « C’est en effet une bonne stratégie, surtout si l’on sait que l’on reste dans le même secteur, confirme Nicolas Leroy, directeur recrutement du groupe Fiducial. Il ne faut surtout pas négliger ce moment, on prend le risque de noircir de belles années de collaboration, juste pour quelques semaines ! » Après tout, les secteurs professionnels sont souvent de petits mondes. Un ancien collègue pourrait devenir votre futur manager. Vous pourriez même être amené à revenir un jour dans cette société, qui sait ? Alors, voici cinq conseils pour partir en bons termes.

Annoncer proprement son départ

Cette première étape a son importance. « C’est certain, il faut préparer l’annonce de son départ, et ainsi éviter les bruits de couloir », souligne Thomas Simon, enseignant-chercheur en sciences de gestion à Montpellier Business School. C’est en effet le pire scénario : les rumeurs et autres « radio moquette », qui feraient fuiter l’information, avant que vous n’ayez eu l’opportunité de l’annoncer en bonne et due forme à votre hiérarchie. La priorité : en parler avec son N+1, puis les ressources humaines. De préférence avant les collègues, à moins d’avoir entièrement confiance en leur discrétion… Encore plus si l’on grimpe les échelons. « Plus on est haut dans la hiérarchie, plus le départ nécessite de l’organisation et de la confidentialité. Un calendrier de communication et des éléments de langage peuvent être réfléchis entre le collaborateur, la direction et les RH. Certaines entreprises peuvent aussi avoir des clauses de confidentialité, ou demander de retarder l’annonce jusqu’au moment où un remplaçant sera identifié », détaille Anne-Laure Pams, directrice de l’activité Leadership-Development du groupe de conseil RH Grant Alexander. Objectif, éviter les rumeurs et cancans sur sa personne, d’un côté. Et de l’autre, respecter la préparation de l’après pour son futur ex-employeur. ·

Rester professionnel jusqu’au bout

Ça y est, le départ est acté. Certains pourraient avoir la tentation de lever le pied, de s’investir de moins en moins durant les dernières semaines… « S’il y a une chose à laquelle il ne faut pas déroger, c’est la posture professionnelle. Se désengager, surtout dans un poste de management ou de direction, c’est mettre en danger sa réputation et risquer de dégrader durablement son image », met en garde Anne-Laure Pams, de Grant Alexander.

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